Cache-Cache
Cache-cache s’ouvre sur une scène marquante située dans le passé : un enfant fait une découverte macabre qui laisse une empreinte durable, sans que l’on en saisisse immédiatement toute la portée.
Puis, à Copenhague, une femme est brutalement enlevée. Les inspecteurs Naia Thulin et Mark Hess sont chargés de l’enquête. En reconstituant les jours précédant sa disparition, ils découvrent qu’elle recevait des messages anonymes inquiétants, accompagnés d’extraits d’une comptine enfantine liée au jeu de cache-cache, ainsi que des photos prises à son insu.
Ce qui semblait être un cas isolé prend une tout autre dimension lorsque les enquêteurs réalisent que d’autres personnes ont été ciblées de la même manière avant de disparaître. La comptine devient alors la signature d’un jeu terrifiant, comme un compte à rebours qui précède chaque passage à l’acte.
Au fil de l’enquête, les liens entre ces disparitions, le passé trouble évoqué au début du roman, et les secrets enfouis se resserrent. Fausses pistes, tension psychologique et révélations dérangeantes rythment un récit où l’ordinaire se transforme peu à peu en menace permanente.
Difficile de lâcher Cache-cache une fois commencé. Søren Sveistrup signe ici un thriller à la hauteur de Octobre, dont l’excellente adaptation en série restitue parfaitement l’atmosphère sombre et oppressante propre à son univers.
On retrouve d’ailleurs un schéma narratif assez proche : une enquête qui avance par strates, des fausses pistes, une tension qui monte progressivement, et ce sentiment constant que quelque chose nous échappe. Comme les petits bonhommes en marron d’Octobre restaient gravés dans l’esprit, la comptine de Cache-cache devient ici une véritable obsession. Elle accompagne le lecteur, s’infiltre dans la lecture, et finit par créer un malaise persistant.
La fin, particulièrement glaçante, laisse une impression durable. Sveistrup maîtrise à nouveau cette capacité rare à transformer un élément anodin: un jeu d’enfant, une chanson, en une signature terrifiante qui marque profondément.
Un long roman prenant, dérangeant et redoutablement efficace, qui confirme tout le talent de l’auteur pour installer une angoisse sourde qui ne nous quitte plus.
Le Chien Blanc